ELLE LE QUITTE, IL LA TUE…

Chaque jour, dans notre pays, des femmes sont victimes de violences psychologiques, verbales, économiques, médicales, physiques ou sexuelles. Une femme meurt tous les 2 jours assassinée par son compagnon ou son ex-compagnon. Qu’elles aient lieu à la maison, au travail ou dans la rue, les violences ne sont pas une fatalité. Jamais. Plus de 40 organisations, dont le PCF et la CGT, appellent toutes celles et tous ceux qui veulent en finir avec les violences sexistes et sexuelles et avec les féminicides à marcher le samedi 23 novembre, à Paris. Vous trouverez ci-dessous l’éditorial de Maurice Ulrich, paru dans L’Humanité de ce matin.

Tous les deux jours ou presque cette année en France, une femme est morte sous les coups d’un compagnon, d’un mari, d’un ex. C’est d’abord le cri qui retentira samedi dans Paris : Stop. C’est monstrueux, c’est insupportable. Un peu partout dans la capitale et les grandes villes on a vu s’afficher ces dernières semaines des mots de révolte, en hautes lettres noires, comme ceux-ci « On ne tue jamais par amour », « Papa il a tué maman » ou parfois un prénom et : « battue à mort ».

Les femmes se lèvent. Depuis le 1er janvier, plus de 200 000 femmes ont été victimes de violences, plus de 12 000 cas de menaces de mort ont été enregistrés par la police ou la gendarmerie. Combien ne l’ont pas été? Lundi, le Grenelle sur les violences faites aux femmes devrait rendre ses conclusions. Il y a eu, depuis trois mois, un vrai travail d’état des lieux, de recommandations. Des associations, des syndicats, des élus ont été laissés de côté. Surtout, on sait déjà que les moyens seront très loin de ce qu’il faudrait pour faire face à la prise en charge des femmes concernées et plus encore de ce qu’il faudrait pour de vraies politiques de prévention, quand il ne s’agit pas de tours de passe-passe. Les sommes dévolues à l’hébergement d’urgence correspondent à celles qui avaient été supprimées en 2018 !

Mais il y a plus. Car les violences faites aux femmes sont la cristallisation meurtrière d’une oppression millénaire qui perdure. Elle est dans les mentalités patriarcales, elle est dans la vie sociale, dans les inégalités salariales, elle est dans l’entreprise… Plus une femme est fragilisée socialement et plus elle est en danger, quand bien même la violence peut s’exercer dans tous les milieux. Les femmes se lèvent et avec elles tous ceux qui ne supportent plus d’être les instruments d’un pouvoir mâle inique. Il est question d’égalité, mais plus encore. Le féminisme n’est pas seulement une exigence de justice, c’est un levier pour le progrès social en même temps qu’un combat contre la mort.

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