VIENDRA L’HEURE DU BILAN…

Médecins, infirmières, aides-soignants, pharmaciens, auxiliaires de vie… tous redoutaient que l’un des leurs ne se relève pas du coronavirus. Depuis samedi, au moins cinq médecins et des infirmières sont décédé.e.s, renforçant l’inquiétude parmi la communauté des soignants. S’ils demeurent prêts à livrer « la bataille », ils vivent quotidiennement la peur, la colère et la crainte des jours à venir. Ils subissent de plein fouet les choix politiques de ces dernières années en matière de casse des services publics dont celui de la santé.On les célèbre désormais sans relâche. Infirmières, médecins, réanimateurs, urgentistes… Sur les coups de 20 heures, la patrie reconnaissante, calfeutrée chez elle, salue depuis sa fenêtre ces héros à la pointe du combat contre le Covid-19. Les plus hauts responsables du pays ont remisé leurs arguties comptables sur l’hôpital public. Et ils ne manquent pas une occasion de célébrer l’engagement exemplaire des personnels soignants en première ligne. Cette pluie d’hommages met un peu de baume au cœur à tous les professionnels de santé, reconnus comme jamais pour leur sens des responsabilités et leur esprit de sacrifice. Mais elle n’éteindra pas la profonde colère du monde médical, mis sous tension et en danger par une pénurie coupable de moyens – masques, gel hydroalcoolique… – et une gestion erratique et scandaleuse de la crise.

L’heure du bilan viendra. Mais il n’est pas trop tôt pour souligner, déjà, l’irresponsabilité des choix politiques de ces dernières années. Beaucoup raillent l’ « impréparation » du gouvernement ou son « amateurisme ». C’est encore lui faire trop d’honneur. Il n’a pas péché par naïveté, mais par calcul. Voilà des années que ces décideurs préparent, à coups de serpe budgétaire, l’ensemble du système de soins à ne pas être capable d’affronter de telles situations. Quand le nombre de lits de réanimation et de soins intensifs passe de 26 000 à 13 000, que le renouvellement des matériels se fait au compte-gouttes, que toute la gestion hospitalière est aiguillée par le seul souci de rentabilité à court terme, on choisit consciemment d’être désarmé face à ce genre de catastrophe sanitaire.En février, Emmanuel Macron était venu à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où est décédé le premier Français victime du coronavirus, et avait lâché au médecin neurologue qui lui faisait face : « Je compte sur vous. » Ce dernier lui avait répondu : « Vous pouvez compter sur moi, l’inverse reste à prouver… » Un mois de tâtonnements plus tard, une loi d’urgence sanitaire a été votée, donnant surtout aux préfets et aux employeurs le droit de remettre en cause le Code du travail et les statuts de la fonction publique. Peut-on compter sur lui ? Maintenant vous pouvez être sûrs que NON !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s