FAUT PAS CONFONDRE VITESSE ET PRÉCIPITATION.

Vouloir faire vite ne signifie pas bâcler. Autrement dit, pour faire une chose vite et bien, il faut redoubler de concentration et non sauter des étapes. Mais au pays de la Macronie ce qui doit être fait ne l’est pas et ce qui est fait ce fait vite et mal…et ça continue !

De l’art de se mettre (encore) tout le monde à dos. Alors que la date fatidique du 11 mai avance, le gouvernement a annoncé samedi que sa « stratégie nationale de déconfinement » sera présentée aux députés demain, mardi 28 avril, à l’Assemblée nationale, pour être soumise au vote des députés. Un plan articulé « autour de six thèmes : la santé, l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements », a précisé Édouard Philippe. L’entrée du déconfinement dans l’Hémicycle a été ainsi avancée d’une semaine. Une décision qui a déclenché l’ire de l’opposition parlementaire. D’abord, parce que le texte sera forcément adopté dans la précipitation.   Le plan sera connu mardi matin pour un vote dans la foulée. Ainsi va la démocratie au temps du macronisme !  Une imposture puisque le texte sera détaillé 24 heures avant le vote en bloc. Les robots LaREM voteront comme des automates. Telle est la monarchie macroniste.

Autre problème : ce changement de calendrier de dernière minute vient bouleverser le débat initialement prévu sur Stop Covid, l’application de traçage numérique censée cartographier les personnes positives au coronavirus. Controversée, elle devait être adoptée sans vote, avant que Matignon ne fasse marche arrière devant le tollé suscité. L’arrivée surprise du « plan déconfinement » change encore la donne : ce traçage devrait être inclus dans le vote unique sur le plan dans son ensemble. La manœuvre et le timing déplaisent jusque chez certains fans de la Macronie. «  Un vote unique sur le plan déconfinement (et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel) et avec un nombre aussi réduit de députés ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant », estime le député LaREM Aurélien Taché. Quand au Premier sécrétaire du PCF, il a déclaré que « Nous ne sommes pas des playmobil que vous convoquez quand vous voulez pour entendre une déclaration de votre gouvernement »

Le débat de demain s’annonce donc tendu, alors que le gouvernement est vivement critiqué pour l’impréparation dont il semble avoir fait preuve en arrêtant la date du 11 mai. La sortie récente d’Emmanuel Macron, le 23 avril, sur une rentrée scolaire qui se ferait sur la base du volontariat, en contradiction avec des déclarations antérieures du ministre de l’Éducation nationale, a contribué à entretenir ce sentiment de cacophonie et d’improvisation générale. Un projet qui fait écho aux propos de Gérard Larcher, président du Sénat. Ce en a profité pour fusiller le bilan de l’exécutif, estimant que « la pénurie, le manque de masques et de tests » ont été « gérés par l’approximation et parfois par l’omission ». Des propos bienvenus, mais qui ne sauraient faire oublier que l’ex-ministre de l’Emploi faisait partie de ceux qui ont poussé au maintien du premier tour des municipales, le 15 mars, contre tout sens commun.

 

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