LE CHÔMAGE A SON PLUS HAUT HISTORIQUE

Les chiffres d’avril sont cataclysmiques : 843 000 personnes de plus se sont inscrites à Pôle emploi, et le chômage n’a jamais été aussi haut en France. Désormais, le risque est que les destructions d’emplois conduisent à une crise durable. Cela n’empêche pas certains groupes d’annoncer des plans de licenciements comme chez Renault, Carrefour, Camaieu, dans le secteur bancaire. Pour ceux-là le Covid19 n’est qu’un prétexte. Les chiffres du chômage dévoilés ce jeudi 28 mai par le ministère du travail indiquent que le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi n’a jamais été aussi haut depuis 1996, date de création de la série statistique. Les chiffres, cataclysmiques, donnent le vertige. ils glacent le sang tant le défi économique et social à relever semble aussi crucial que gigantesque. En avril, le nombre de personnes inscrites en catégorie A, c’est-à-dire n’ayant pas du tout travaillé le mois précédent, a enregistré une hausse historique de 843 000 personnes, soit + 22,6 % en un seul mois. En mars, la hausse en catégorie A, de « seulement » 246 000 personnes (+7,1 %), était déjà hors du commun, et jamais vue. « Sur trois mois, 1 065 200 demandeurs d’emploi supplémentaires sont enregistrés dans cette catégorie », note la Dares, l’institut statistique du ministère.

Ces nouveaux effectifs sont constitués aux trois quarts de dizaines de milliers de CDD, vacataires, intérimaires venus de l’hôtellerie, de la restauration ou du monde de la culture, qui, confinement oblige, sont passés d’une activité réduite à plus d’activité du tout. Les précaires, une fois encore, sont les premiers à payer le prix fort de la crise. Ne nous leurrons pas. Le pire est à venir. Le mois de mai sera aussi catastrophique qu’avril et précédera une déferlante de plans sociaux. Les prévisions font état d’un million de chômeurs supplémentaires d’ici à la fin 2020. Or, face à cette « catastrophe sanitaire et sociale », comme le redoutent les associations, le gouvernement joue au pompier pyromane. Il manœuvre au minimum, lâchant quelques concessions sans rien céder sur le fond. Les bénéficiaires des allocations-chômage ?

Ils ont vu leurs droits prolongés, mais seulement jusqu’au 31 mai. La possibilité de les étendre sur un an, à l’image de ce qui a été accordé aux intermittents ? Hors de question pour l’instant. Les mesures de chômage partiel ? L’État ne le financera plus à 100 % à partir du 1er juin, démultipliant ainsi les risques de licenciements. Le second volet de la réforme de l’assurance-chômage ? Décalé à septembre, il durcira encore les règles, occasionnant une baisse des allocations de 22 % en moyenne. Ajouter de la misère à la misère. Joyeux programme. Face à une hausse historique du chômage, le gouvernement oscille entre demi-mesures et contre-mesures. Relancer la machine économique sans se soucier sérieusement du sort des plus précaires revient à écoper un navire éventré. Et à foncer vers un naufrage social dans lequel le gouvernement partagera la responsabilité avec député.e.s et le grand patronat.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s